Avant d'être reliée au web, je n’écrivais pour personne.
J’écrivais dans mon coin. L’unique lien à ma passion s'établissait, non par le biais d’une boîte mails, mais par celui d’une boîte aux lettres. Ces fameux refus émanant de l’inaccessible
Editeur auquel on ne saurait répondre. Pas d’échanges ; écrits vains.
Un jour, mon mari m’a dit tu devrais te mettre au web.
Lui, il
va de l’avant, quand moi, je ne prends de risques qu’à l’intérieur de mes textes. Je suis une habituée de l’introspection. La chose a commencé quand j’ai cru ne jamais pouvoir endurer la mort du
père. L’écriture est un radeau, elle sait sauver quelqu’un de la noyade. En tout cas, elle l’a fait pour moi, j’avais 16 ans à peine. Maintenant, je m’ouvre à l’autre. Y a du boulot et je m’y
emploie. Car l’écriture, en me sauvant, m’a déposée sur un îlot.
Un îlot loin de tout. A bonne distance de vous.
J’ai écouté mon mari et j’ai bien fait.
J’ai connu plein de gens sympas grâce aux forums des zines. Les zines, vous
savez, ces magazines PDF qu’on télécharge gratuitement, qu’on peut imprimer et qui représentent un joli travail de collaboration.
Je ne saurais trop vous conseiller de les lire. Souvenez-vous de cette note.
Il y a d’abord eu Les chemins de l’Aube.
Ensuite, Terre d’Almor, Outremonde, Mort
sûre, Les songes du crépuscule, L’antre des écrivains, Ananké… pendant que
j’y suis, je cite Le royaume des mots rêveurs, auquel participe activement ma copine Free.
Je n’ai plus le temps d’aller faire un coucou à tout le monde – ils se font
si nombreux - mais je les remercie.
Pour achever cette note, un morceau du Si j’étais… que mon
ami Zabi (qui s'occupe de Terre d'Almor avec Dahud) m’a gentiment envoyé, un jour, avec l'idée de le publier sur le blog Nuits d’Almor, et auquel je n’ai pas donné suite, pour les raisons qu’il connaît. ;-)
Si j’étais…
Un mot, je serais… invisible.
Une lettre … le D à cause du dé qu’on lance, s’en remettre au hasard, espérer, la roue
tourne.
Un signe de ponctuation … la virgule, c’est une respiration. On dirait une petite larme. Elle rime avec des mots
bizarres, tels Hercule, veinule, mandibule, granule, capsule, cuticule, groupuscule, minuscule…
Une faute d’orthographe … la faute d’inattention.
C’est celle des enfants, des distraits, des rêveurs. Elle me renvoie à
Pierre Richard, dans un film, Le jouet. (1976)
Une phrase… Faites que le rêve dévore votre vie, afin que la vie ne dévore pas votre rêve.
(Antoine de St Exupéry)
Un temps de conjugaison… le présent.
On croit que le présent est trop simple.
On dit qu’on l’utilise surtout dans les textes pour enfants. Oui, bon… et
alors ?
Ce qui marche avec les enfants marche avec leurs aînés. Le présent capte
l’attention. Grâce au présent, le style vibre, inspire et expire. Même quand l’histoire est sombre.
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