M'est avis qu'aucun être humain ne maîtrise
parfaitement sa langue maternelle.
Histoire d'ajouter une couche à mon ignorance crasse (un auteur n'est pas un dictionnaire) je suis abonnée aux fautes d'inattention.
Chut, surtout ne le dites à personne.
Ce qui m'amuse, m'étonne, me fascine, c'est ce que nous enregistrons de travers dès l'école primaire ou le collège. Ce qu'à l'âge adulte, nous croyons juste alors qu'il n'y a rien de
plus faux. Ce que nous serions capables de défendre jusqu'au petit matin.
Car une fois l'erreur archivée à l'intérieur du cerveau, difficile de procéder à des corrections définitives. Parfois, les rechutes sont inéluctables.
Exemples :
Longtemps, j'ai cru qu'y compris était synonyme d'excepté. Bonjour l'embrouille : tout le monde vient, y compris toi. Chouette, au revoir alors.
Longtemps, j'ai persisté à écrire matelat au lieu de matelas (aurais-je été traumatisée en découvrant un matelot nu sur mon matelas ?),
cauchemard au lieu de cauchemar, un tique au lieu d'une tique (même là, j'ai un doute) et dont au lieu de donc. (celui-là est
particulièrement incongru, Freud êtes-vous là ?)
Par nathalie
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Voici pas mal d'années.
Une classe de terminale A2 (terminale L aujourd'hui), quelques semaines après la rentrée, en cours de philosophie.
Le prof, la quarantaine sereine, est un bel homme lumineux.
C'est le grand jour. Il s'apprête à nous rendre nos premières dissertations de philo qu'il a lues, corrigées et notées.
Ces notes vont de 3 à 13.
Je me tourne vers D. et m'exclame, fébrile :
- Le 3, il est pour moi.
Aussitôt, D. répond :
- Et si t'avais 13 ?
- Tu veux rire !
Le prof commence par le premier 3 (il y en a plusieurs), et c'est D. qui l'obtient. Ce dernier se marre, il s'y attendait, il s'en fiche.
Là-dessus, je me dis que le second 3 sera pour moi. Même pas. Je fais pareil avec le 4, le 5, le 6... Et le prof poursuit sa distribution, du plus petit au plus grand. Ne
voyant rien venir, je songe qu'il a égaré ma copie.
Mais non.
Car ce 13, le seul et unique 13, s'en vient solder mon travail et saluer mes idées.
Qu'est-ce qu'ils comptent, dans une vie, ces petits riens qu'on n'oubliera jamais !
Par nathalie
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