Mercredi 25 novembre 2009
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2009
14:41
J'ai commencé à cultiver mon sens de l'humour en entrant au collège.
Le collège, cette planète impitoyable dont les habitants ne rateront pas une occasion de te ridiculiser.
Ose sentir le champignon après la pluie quand il convient de sentir le patchouli, et ils te feront croire que la moindre différence n'est pas une
richesse, certainement pas un signe de ta singularité, mais de la provocation, une anomalie, le bâton pour se faire battre.
... Mon ami Jean-Louis Fournier, ça l'amuse beaucoup de dessiner des oiseaux qui n'arrivent pas à voler, qui, sans cesse, se cassent la gueule (Antivol, dessin-animé de
L'île aux enfants). Or, il est père de deux enfants handicapés.
S'il n'y a pas là la preuve que l'humour sert à exorciser l'angoisse, je ne sais pas où il faut la
chercher...
Pierre Desproges
Par nathalie
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Mardi 17 novembre 2009
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2009
13:57
Un morceau qui m'éclatait, lorsque j'avais dix-sept ou dix-huit ans... et qui m'éclate encore, d'ailleurs.
Par nathalie
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Dimanche 18 octobre 2009
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2009
06:46

Hier, je suis allée voir mon père.
Il faisait un temps de chien. Vent froid, pluie.
26 ans que son corps gît sous la terre.
Je ne sais pas pourquoi je suis allée le voir.
Car pour moi, ce n'est pas sous cette lourde plaque de marbre que mon père s'est réfugié.
Où il s'est précisément réfugié, je ne saurais le dire.
Principalement dans nos coeurs.
Y a-t-il une vie après la mort ?
Je ne sais.
Mais comme l'a dit Trollette un jour, dans la partie commentaires de ce modeste blog, soyons au moins certains qu'il y a une vie avant la mort.
Alors de grâce, vivons.
Maurice Salvi - alors âgé de 16 ans
Par nathalie
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Samedi 10 octobre 2009
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2009
09:38
Quand j'étais petiote, j'écoutais la musique que mon père écoutait.
Il avait l'air tellement heureux.
Ado, je n'ai pas eu le temps de démolir sa musique puisqu'il nous a quittés.
En la matière, ensuite, j'ai fait mes propres choix.
Mais aujourd'hui encore, lorsque j'entends ce ringard de Julio Iglesias, mon coeur se serre.
Je me retrouve projetée dans les années 70 / 80. Un dimanche matin parmi tant d'autres, avant que ma mère ne me pousse à l'église...
Parfois, sur "Viens m'embrasser", mon père me faisait virevolter.
PS: la rose était sa fleur préférée
Par nathalie
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Vendredi 9 octobre 2009
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2009
11:15
Par nathalie
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Mercredi 17 juin 2009
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2009
00:10
On parle beaucoup de dyslexie, rarement de dyscalculie.
J'ai dissimulé ma dyscalculie jusqu'au bac, et plus loin encore. Oui, c'est possible. J'en suis la preuve.
Je n'ai jamais compris ce qui clochait, chez moi.
Comment l'aurais-je pu, étant donné que personne ne me comprenait ? J'avais honte, et puis c'est tout.
Je me réfugiais dans l'imaginaire. Je dessinais, peignais, inventais. Je lisais presque tout le temps.
C'est au CM2 que tout a commencé. Quand il a vraiment fallu que je connaisse mes tables de multiplication sur le bout des doigts. Ecrire le résultat. Lever l'ardoise quand le maître frappait
le bureau.
Avoir juste.
Moi j'avais souvent faux.
C'est faux. Recommence. Faux, faux, faux.
Aujourd'hui, je ne compte plus. J'abhorre les chiffres. Je veille simplement à ce qu'on me rende bien un billet de dix si j'ai donné vingt et que l'objet coûte huit. Si je dois compter, j'utilise
la machine à calculer et je re-vérifie. On n'est jamais trop prudents. Faux, faux, faux.
Quand C. peine sur un problème de maths, je l'aide pour la logique. Mais s'il veut s'assurer de la justesse de ses calculs, il demande à papa.
Récemment, quelqu'un m'a dit : et si on avait tout bêtement contrarié ta façon de raisonner ?
Peut-être ne suis-je qu'une imbécile. Mais ce qui a changé, finalement, c'est le regard que je pose sur moi. Quoi qu'il se soit passé, je ne me condamnerai plus. J'ai assez souffert.
Par nathalie
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Jeudi 11 juin 2009
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2009
00:10
Ah, croquer de grosses cerises en écoutant Le Boléro de Ravel ! C'est ce que j'ai fait hier, en fin d'après-midi. La vie est formidable
quand elle est simple comme un bol de cerises et la mélodie ensorcelante du Boléro.
Le Bolero, je l'ai découvert en primaire.
En extrayant le disque de sa pochette, la maîtresse nous a demandé de laisser courir notre imagination et d'inventer une histoire.
Plus tard, chacun de nous a réalisé la BD de cette histoire sur une feuille de papier calque - avec des bulles simples et de petits commentaires - que nous avons découpée
pour en faire des diapositives.
Ensuite, et grâce à un projecteur, nous avons pu partager nos interprétations.
J'ai adoré l'expérience.
Par nathalie
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Vendredi 29 mai 2009
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2009
00:10
M'est avis qu'aucun être humain ne maîtrise
parfaitement sa langue maternelle.
Histoire d'ajouter une couche à mon ignorance crasse (un auteur n'est pas un dictionnaire) je suis abonnée aux fautes d'inattention.
Chut, surtout ne le dites à personne.
Ce qui m'amuse, m'étonne, me fascine, c'est ce que nous enregistrons de travers dès l'école primaire ou le collège. Ce qu'à l'âge adulte, nous croyons juste alors qu'il n'y a rien de
plus faux. Ce que nous serions capables de défendre jusqu'au petit matin.
Car une fois l'erreur archivée à l'intérieur du cerveau, difficile de procéder à des corrections définitives. Parfois, les rechutes sont inéluctables.
Exemples :
Longtemps, j'ai cru qu'y compris était synonyme d'excepté. Bonjour l'embrouille : tout le monde vient, y compris toi. Chouette, au revoir alors.
Longtemps, j'ai persisté à écrire matelat au lieu de matelas (aurais-je été traumatisée en découvrant un matelot nu sur mon matelas ?),
cauchemard au lieu de cauchemar, un tique au lieu d'une tique (même là, j'ai un doute) et dont au lieu de donc. (celui-là est
particulièrement incongru, Freud êtes-vous là ?)
Par nathalie
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Mardi 26 mai 2009
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2009
00:20
Voici pas mal d'années.
Une classe de terminale A2 (terminale L aujourd'hui), quelques semaines après la rentrée, en cours de philosophie.
Le prof, la quarantaine sereine, est un bel homme lumineux.
C'est le grand jour. Il s'apprête à nous rendre nos premières dissertations de philo qu'il a lues, corrigées et notées.
Ces notes vont de 3 à 13.
Je me tourne vers D. et m'exclame, fébrile :
- Le 3, il est pour moi.
Aussitôt, D. répond :
- Et si t'avais 13 ?
- Tu veux rire !
Le prof commence par le premier 3 (il y en a plusieurs), et c'est D. qui l'obtient. Ce dernier se marre, il s'y attendait, il s'en fiche.
Là-dessus, je me dis que le second 3 sera pour moi. Même pas. Je fais pareil avec le 4, le 5, le 6... Et le prof poursuit sa distribution, du plus petit au plus grand. Ne
voyant rien venir, je songe qu'il a égaré ma copie.
Mais non.
Car ce 13, le seul et unique 13, s'en vient solder mon travail et saluer mes idées.
Qu'est-ce qu'ils comptent, dans une vie, ces petits riens qu'on n'oubliera jamais !
Par nathalie
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Vendredi 17 avril 2009
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2009
00:01
C'était l'époque où je conduisais L. chez le pédiatre.
C. n'était pas encore né.
C'était un homme d'environ cinquante ans. Blasé et souvent froid.
Néanmoins, il faisait son travail avec beaucoup de conscience professionnelle.
Il faisait son travail, donc.
Je n'aimais pas trop aller chez lui, mais question pédiatres, nous n'étions pas gâtés. L'autre me suivait quand j'étais môme et je l'avais toujours détesté. J'aurais pu me contenter de
l'avis d'un médecin généraliste, mais les choses ayant failli mal tourner pour L. peu après sa naissance, j'étais encore marquée.
Ce pédiatre me mettait mal à l'aise. Je faisais tellement attention aux mots que j'employais que ça me rendait idiote. Un jour, alors que je lui ai confié certaines de mes inquiétudes, il
a répliqué : vous êtes une mère poule, vous, ça se voit ! et soudain j'ai eu peur de me mettre à caqueter.
Un jeudi, je suis tombée sur son remplaçant. Lui, il n'avait pas son nom sur la plaque. Il n'était que remplaçant, mais c'était un remplaçant heureux de remplacer.
D'origine marocaine, petit, souriant, visage poupin. De gros sourcils et de grands yeux ronds. Un pédiatre enrichi par son expérience de père. Quatre gosses qu'il avait.
Avec lui, je ne me suis pas sentie idiote d'être une mère qui s'interroge, cherche un avis, un soutien.
La fois suivante, quand j'ai téléphoné à la secrétaire pour prendre rendez-vous, j'ai demandé le jeudi.
- Oui mais le jeudi, le docteur M. n'est pas là. Vous verrez son remplaçant.
- Le docteur B., oui je sais.
Par nathalie
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