Vendredi 9 octobre 2009
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Oui allez, un peu de pub... pour que je m'achète un cache-coeur bien chaud.
Loin de la France, il existe un pays où vivent des gens contents.
On les appelle les Contents.
Dans ce pays, le soleil brille des fois, la pluie mouille beaucoup, la neige tombe aussi, mais personne ne dit « oh, je voudrais qu’il arrête de
pleuvoir » quand il pleut, « oh, il fait trop chaud » quand c’est l’été, « oh, y’en a marre de la neige » quand elle dure.
Personne ne vole car tout le monde a de quoi manger, de quoi dormir, de quoi s’occuper et de quoi s’amuser. Personne ne passe d’examen, de test ni de concours, car
tout le monde a sa place ici.
Les Contents sont tous différents, toutefois l’on distingue deux sortes de Contents : les Pieds au ciel et les Pieds à terre.
Les Pieds au ciel rêvent beaucoup et travaillent moins vite que les Pieds à terre qui travaillent plus vite, mais avec moins de minutie.
Alors, les Pieds au ciel font du travail de précision, comme fabriquer une horloge ou coudre un col de chemise, et les Pieds à terre labourent, soulèvent des
pierres et repiquent des salades.
Même les Contents très âgés sont utiles. Comme leurs yeux voient moins bien, ils font des gâteaux et racontent des histoires aux enfants.
Ici, personne ne se dit bonjour. Comme les Contents sont toujours certains de passer une bonne journée, ils savent que les autres passeront également une bonne
journée.
S’ils se cognent la tête, ils crient un bon coup car ça fait mal. Mais le « bon » gagne toujours et ils oublient le « coup ».
Au pays des Contents, on n’aborde pas la politique, ni l’Histoire, à peine si l’on admet l’existence d’un passé trop passé. C’est le présent qui importe.
Maîtres et maîtresses s’appellent Éclaireurs et Accompagnateurs. Ils enseignent aux enfants pourquoi la mort, pourquoi la pluie et pourquoi l’être humain se demande volontiers pourquoi, quand
l’animal n’en a cure.
On ne fabrique pas d’avions, de bus, de trains, de voitures, ni d’immeubles, surtout pas de chars d’assaut ou d’armes à feu. On sait, dans les grandes lignes,
comment ça se passe autre part.
Encore que les informations provenant de l’extérieur sont rares, les Contents n’ayant ni la radio, ni la télé.
De loin en loin, elles leur parviennent via la dernière page du Boute-en-train – trimestriel imprimé de manière artisanale par quelques Pieds au ciel – qu’on laisse à
disposition dans les lieux publics. Mais c’est essentiellement pour ses devinettes et ses dessins drolatiques qu’on parcourt le périodique. Celui ou celle qui l’a lu ne l’abîme pas, ne l’emporte
pas. Il ou elle le repose avec soin pour les prochains intéressés.
Oh, les Contents ne sont pas parfaits !
Ils sont contents d’avoir des défauts et des qualités, ce qui n’est pas la même chose.
Parfois, ils donnent une fête en l’honneur d’un gros nez, d’une calvitie ou d’une peau couleur chocolat. Tout le monde danse, même ceux qui ne savent pas danser, car « ne pas
savoir » ne veut rien dire chez les Contents.
Dans ce pays, tout ne va pas bien, tout ne va pas mal. Tout va tout court et, d’après son peuple, c’est suffisant.
Ils arrivèrent en Mayen.
Entendez par là qu’ils arrivèrent en Mai. Mais au pays des Contents, chaque mois de l’année se termine par « en » pour rimer avec Content...
Mots tirés de: Qu'en sera-t-il cette année ? nouvelle extraite de mon recueil En quête écrit les
pieds au ciel et sans les mains
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