Samedi 28 juin 2008
A lire ce fichu blog, on m'imagine en danseuse moite, chaussée de tongues ridicules, toute revêche et pleine de corne aux pieds.

En fait, pas du tout.

Comme vous, je mène une vie à peu près normale.
Je prépare les repas, je soutiens des conversations de plus de trois mots, je mange de la glace menthe/chocolat (c'est toujours mon parfum préféré), je transpire et je prends des douches.
Bon d'accord, je me couche en pestant parce qu'il ne fait pas un petit peu plus frais, mais sinon, je suis une fille agréable et pas contrariante, sauf si y a plus de glace menthe/chocolat, et que par-dessus le marché, y a plus de bières non plus.

Tout ça pour dire que je ne suis pas encore devenue celle que vous croyez que je suis devenue: soit une gourdasse ignare. Malgré la chaleur, je lis. J'ai juste la flemme de vous parler des livres que je lis.
Voilà, faut pas chercher plus loin.

Pour que vous cessiez de croire que je suis devenue celle que vous croyez que je suis devenue, je vais donc faire une exception. ^^

J'ai terminé L'homme que l'on prenait pour un autre, de Joël Egloff, et je m'avoue un peu déçue. Pas par le style, au contraire. Ce bouquin, on dirait un tapuscrit qui attend d'être relu, et donc, restructuré. Pressentant (un style, ça ne trompe pas) que Joël Egloff a dû mieux faire par le passé, et ne souhaitant pas demeurer sur cette impression partagée, j'ai acheté L'étourdissement du même auteur.
Entre deux crises de flemme, je vous en parlerai.

J'ai terminé La diablada de Georges Flipo (il a écrit Le vertige des auteurs).
Voici un recueil de nouvelles plutôt plaisant. Les histoires ne sont pas particulièrement originales, mais Georges a une façon bien à lui de nous les raconter. Simplicité, habileté, pertinence.
Un coup de coeur très personnel pour L'acide lactique, Et l'ange passa, Le parfum des profondeurs.

Ces quelques phrases, extraites de sa nouvelle Le film cassé:
Les bonheurs d'enfance ont cela de terrible qu'ils ne s'effacent pas. Ils vous plombent toute une vie.

Bien sûr, je poursuis ma lecture de Mots et légendes, revue gratuitement téléchargeable, qu'on se le dise !

Bon WE.
par nathalie publié dans : j'ai lu
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Mercredi 11 juin 2008
Pitié.

Arrêtez de me donner envie de lire des bouquins, ceux dont vous causez avec passion, ceux que vous abordez parfois en commentaires, du genre ooooooooooh, cette métaphore me fait penser à "Tu dois avoir une de ces grosses... pile de livres à lire" par Stanislas Le Tentateur.

Moins on en dit... plus ça me dit.

Alors, je prends note.
Plus tard, je fais une recherche de résumé, de critiques, j'essaie de voir si le ton saurait ou non me séduire.

Si j'ai déjà un gros doute, je préfère écarter.
Mais si ça me parle, alors j'ajoute titre et nom de l'auteur à une liste qui dépasserait les trois kilomètres de long si jamais un jour, je me décidais à la dérouler.

Mais y a pas que ça.

Quand j'entre dans une immense librairie, que je m'aperçois (oh, la gourdissime gourdasse) que j'ai oublié ma liste à la maison et que, pour finir, je m'en retourne... avec un livre qui n'était même pas sur la liste, ça ne m'aide pas des masses, quoi ! ^^

par nathalie publié dans : j'ai lu
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Lundi 2 juin 2008


Cher Georges, je suis entrée dans votre livre, tout de suite, et je l'ai lu avec gourmandise.

Etant moi-même auteure, je sais la galère.

Dans ma manche, j'ai une collection de lettres de refus (c'est une manche hyper ample) qui m'a bien pesée, et qui, je le sais, continuera à grandir, car un auteur publié - même deux fois - n'est jamais à l'abri des refus.

J'avais très envie de voir ce que votre imagination avait bien pu nous concocter. Je n'ai pas été déçue.

C'est incisif, touchant, grotesque, pertinent...
Les auteurs qui ont écrit au moins une fois pourraient se reconnaître, dans ce Sylvain Vasseur qui ne frise pas le ridicule, mais qui se roule dedans. Malgré tout, on le prend en pitié, on le comprendrait presque... 

Le battage médiatique farfelu qui pourchasse régulièrement ce pauvre Sylvain, alors qu'il n'a rien publié, m'a fait pousser des ricanements qui ont dérangé le chat. ^^

J'ai beaucoup ri, vraiment.

La mauvaise foi des auteurs, parfois...

"... Mon manuscrit allait être publié quand il a été détruit sous mes yeux. C'était un virus envoyé par un éditeur jaloux, j'en reste inconsolé..."

Ce passage, encore... 
(pour situer, Sylvain a été publié à compte d'auteur)

"... Comme chacun regagnait lentement sa chambre sans l'acheter, le directeur en acheta un, pour la bibliothèque du foyer, et demanda à Sylvain une dédicace collective, pour toute l'assistance. Il fallut mettre tous les prénoms. Mais non, pas Michèle, je vous ai dit Michelle, avec deux L..."

J'aimerais bien que les non écrivant lisent Le vertige des auteurs. On imagine tant de choses fausses... sur l'édition.

Oui, c'est dur, très dur... de se faire publier. Et non, un auteur ne fait pas ça pour l'argent. Fort heureusement, car pour trouver la force d'écrire, puis de démarcher le monde de l'édition, d'abord il faut qu'il croûte, lui aussi. ^^


par nathalie publié dans : j'ai lu
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Jeudi 15 mai 2008

A la base, en commençant par le pied, je suis une contemplatrice.

Tu peux me poser n’importe où en me précisant « bouge pas, je reviens », du moment que tu m’assois (je déteste faire le poireau, le piquet ou le poteau télégraphique) ben je bougerai pas.

C’est comme quand on va à la plage.
On me pose sous un arbre (le soleil qui cogne, ça fait mal, je suis pas maso à ce point) et paf, je me mets en marche (façon de parler) pour engranger le maximum d’infos sur mes contemporains, les paroles échangées, les mouvements, la manière dont celui-là mange son choco BN, ces petits riens qui me surprennent, m’amusent, font que je pourrais rester comme ça jusqu’à la nuit tombée.

S
i d’aventure je bouge, et vu que j’ai pas été conçue pour, je bouge vite et fort. Je me fais l’effet d’une balle qui rebondit. Mais en bonne balle qui se respecte, je finis toujours par m’arrêter.

Et pour récupérer d'avoir autant bougé, mazette!
Je me traîne jusqu'au canapé (quand c'est possible) et m’effondre droit dessus pour un temps indéterminé. Il est probable que pendant la récupération, je manque de créativité.

Parfois, je songe que si j’ai autant été touchée par Jean-Baptiste Grenouille, anti-héros de l'excellent roman de Süskind, Le parfum, c’est que quelque part, je me suis reconnue en lui. Pourtant, je n'ai tué personne, et ça ne risque pas de m'arriver.

Je ne sais pas vous, mais en ce qui me concerne, les persos lumineux, ceux qui dénouent les situations, ceux qui, à la fin du livre, déploient leurs ailes tels de grands papillons, ceux qui représentent un modèle unique de ce vers quoi nous devons tendre, ceux-là m’agacent gravement. (et donc, tout me gratte)   

par nathalie publié dans : j'ai lu
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Mercredi 20 février 2008
Et si on parlait des livres qu’on ne peut pas terminer?
De ces livres dans lesquels on n’entre pas. Alors on s’arrête, on pose et bien plus tard, vu qu’on a oublié de quoi ça parlait, on remet ça. Hélas, certains styles nous semblent hermétiques.

Comme en témoigne l’Exercices de style de Queneau, il existe une multitude de manières de raconter. Autant que d’auteurs. Les histoires resteront toujours des histoires. Après… il faut qu'entre conteur et lecteur magie se passe. Petite musique enchantée qui va de celui qui écrit à celui qui le lit. Le fait que l’auteur soit un écrivain des siècles passés joue, bien sûr. Aujourd’hui, on n’écrit plus de la même manière qu’hier et je reconnais qu'étudiante, j'étais plus souple, plus disponible, plus caméléon avec les styles.

Difficile de parler des livres qu’on n’a pas lus.

En revanche, il n’y a pas de honte à les citer. Hop, je commence...

jane-austen.jpgOrgueil est préjugés
, de Jane Austen.

Il m’a été conseillé par une copine, et ma foi, j’ai vraiment cru qu’il me plairait. Ça parle de la bonne société anglaise faussée, engoncée et roucoulante des XVIII
e et XIXe siècles. En ce qui me concerne, je n’ai pas dépassé la page 100. C’est fou le nombre de bonnes critiques d’Orgueil et préjugés que j’aurai croisées par la suite… docteur, suis-je normale ?

Ainsi parlait
Zarathoustra, de Nietzsche.

Au lycée, le prof de philo s’y référait souvent. En librairie, vingt ans plus tard, je suis tombée sur la version poche. J’ai fait mon petit bond en arrière, je me suis souvenue, ah la philo, ah c’était bien, ah j’étais jeune ! Et là, une idée saugrenue m’a traversée de part et d’autre; l’acheter. Très mauvaise idée. Dès les premières pages, et vu que je n’avais pas de décodeur, j’ai cru devenir chèvre.

On est toujours trop bon avec les femmes
, de Raymond Queneau.

Zazie dans le métro
, Exercices de style et Les fleurs bleues m’avaient passionnée. Détrompez-vous, le fait que je n'aie pas terminé ce bouquin n’a rien à voir avec son titre. Je me souviens avoir lu les premières pages plusieurs fois de suite, en me serinant « bon sang c’est du Queneau, tu devrais aimer ! ». 
Pas eu moyen.

Vol de nuit
d’Antoine de St Exupéry.

Ce bouquin a tout de même reçu le grand prix de l’Académie française, mais pour ma part, je me suis heurtée à une écriture dense et monotone. Et puis c'est un pavé. J’ai pris peur.

Rien ni personne, jamais, ne nous obligera à finir un livre, quand bien même l’Académie française ou les médias affirmeraient que vraiment, c’est un très bon livre. Surtout qu’on n’est plus à l’école. ^^
par nathalie publié dans : j'ai lu
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Lundi 11 février 2008
undefinedCe roman de SF a été écrit par un gars que je connais. Non seulement nous avons partagé le sommaire d’Ouvre-toi (Griffe d'encre), mais en novembre dernier, sur Lyon, j'ai vu la couverture de ce premier roman. Même que Don Lo, il sait toujours quoi écrire lors de dédicaces. C’est un joyeux drill avec un graphisme ample et délié. 

L'homme publie aux éditions Le navire en pleine ville

Aria des Brumes
a été écrit au présent. Troisième personne du singulier. Parfois, c’est Carl qui parle. Les changements de rythme sont nombreux et l’action diluée.

C’est un roman philosophique bien plus complexe qu’il n’en a l’air. Rien à voir avec le ton léger et taquin de sa nouvelle au sommaire d’Ouvre-toi; Suzanne on line.

Don Lorenjy
zoome. Il zoome tellement que moi, lectrice, je me suis retrouvée tel un furet colonisateur d’esprit, à voltiger autour des personnages. Tout juste si je ne me demandais pas dans lequel j’allais pouvoir nicher. A choisir, je prendrais Carl. Pas vous ?

Dès que Carl (machine de combat qui n’a plus grand chose d’un homme) et son équipe débarquent sur Aria, l’étau se ressert. Comme un étouffement lent, progressif. J’ai eu la sensation de manquer d’air. 
Il faut dire que les Arians se heurtent à des tentatives de contrôle, extérieures, mais aussi intérieures, et y répondent par la mesure. Car voilà, chacun d'entre eux a un furet lové à l’intérieur de l'esprit, sorte d’entité réactive. Personne ne sait d’où viennent ces furets, mais il est préférable de composer avec eux et de leur donner de l’émotion positive. 

Qui osera contrer les plans de Terraform?

La voix du professeur Shepher est là qui secoue les consciences, lui qui bizarrement n’abrite aucun furet.

Carl a échoué dans sa mission. Ses compagnons sont morts et, tout comme un Arian, il devra gérer le furet qui vient de l’assaillir. Faire des choix. Intégrer la large panoplie du ressenti d’un homme.
« Décevoir… éventualité que sa programmation ne prévoit pas. Vaincre ou disparaître, rien d’autre. »

Ainsi Shepher s’adressant à Carl :
« Mon petit, sous votre armure et vos outils de mort, vous n’êtes rien d’autre qu’un ange : pas de sexe, mais un arc, et de sacrées flèches ! »

La scène où Shepher retrouve Carl en larmes, replié sur lui-même, m’a beaucoup touchée.
On ne devient pas soi-même sans souffrance. 

Aria des Brumes dénonce une possible déshumanisation au profit d’enjeux économiques. Phin Diorno, le petit moustachu de la fin, se fiche pas mal des individus, il cause marge, chiffres, codes, productivité. Un peu comme nos politiciens, non ? ^^
Naturellement, celui qui fait facilement sienne la pensée des autres est une proie facile pour les manipulateurs. D’Arians… à Ariens, il n’y aurait qu’un pas… de Furer. (je suis assez contente de mes jeux de mots, tiens ! ^^)

La caverne de Platon
, voilà à quoi m’a renvoyée ce roman.

Résumé de l’allégorie de la caverne trouvé sur le web:
Des prisonniers dans une caverne souterraine. Ils sont maintenus d'une manière qu'ils n’aperçoivent, sur le mur d’en face, que les ombres de pantins manipulés au-dessus d'un autre mur situé derrière eux. Rien d'autre n'est visible. Libérés des liens qui les retiennent et amenés à se retourner, ils sombrent dans la confusion. Leur bonheur est donc l'état premier de prisonnier.
Il s'agit là de la condition humaine. Malheur à qui tente de leur en faire prendre conscience. Toutefois, un petit nombre y parvient et, ceux-ci, commencent une ascension libératrice hors de cette caverne vers l'extérieur, vers le monde véritable. D'abord éblouis, seuls les reflets des choses leur parviennent.
Plus tard, ils pourront regarder directement les choses et même regarder le soleil.

Un premier roman qui laissera sa marque en moi. 
J'ai quand même un regret; j’aurais voulu que l’auteur s’attarde davantage sur Carl devenant homme, sur son ressenti, ses affects, ses douleurs. La fin (c’est Carl qui parle) est bouleversante.

Je souhaite à Don Lorenjy beaucoup de succès dans sa vocation d’auteur. Aurait-il un nouveau roman en préparation? Un projet… voire des projets ? 
Au prochain salon où nous nous croiserons, promis, j’essaierai de lui tirer le furet du nez. ^^
par nathalie publié dans : j'ai lu
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Vendredi 1 février 2008
lire.jpgIl y en a qui lisent au lit. (coquins)

D'autres qui lisent sur un canapé. (pantouflards) 

Certains lisent assis à une table. (concentrés) 

Il s'en trouve même pour lire en faisant le poirier. (c'est embêtant si on a une frange) 

Et vous, comment lisez-vous? 

Je commence...

Je lis assise sur le canapé. La partie gauche de ma personne négligemment appuyée contre un coussin moelleux. Jambes repliées.
Pantouflarde, moi? Je veux!

Je ne lis pas nue.
Un vieux bas de jogging, de grosses chaussettes confortables, l'indispensable polaire sans manche à fermeture éclair que je monte et descends fonction de comment je me sens en lisant. Des histoires nous glacent, d'autres nous incendient.

J'aime lire dans le calme, mais comme je suis mère de famille, le calme est une denrée rare et précieuse. 
Plus souvent qu'à mon heure, je lis tandis que Bob l'éponge et son ami Patrick chassent les méduses. 

Digression: Je ne suis pas pour la télé tout le temps, mais je ne suis pas non plus contre la télé.
Il y a de bons programmes télé. D'ailleurs, je vous garantis que Bob l'éponge, c'est chouette, même que mangez-en. 

Petit plus quand je m'apprête à lire; sortir à peine de la douche, être détendue, pommadée. Prête à endosser la peau d'un personnage. 

Image prise ici

par nathalie publié dans : j'ai lu
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Mercredi 16 janvier 2008
idole.jpg
Se réveiller un matin, descendre dans la rue et réaliser que tout le monde vous reconnaît. C'est l'expérience étrange que vit Georges Frangin. Chômeur docile, inconnu au bataillon, il découvre qu'il est désormais une star, sans raison. Il essaie de comprendre, interroge les passants, passe pour un snob qui nie sa célébrité. Va-t-il devenir fou ? Lorsqu'on l'annonce dans une émission de télévision il appelle la chaîne. Ne vous inquiétez pas, lui dit-on, tout va bien se passer. On présente un livre de lui ? Inutile de s'en faire, on veillera plus tard à l'écrire, si nécessaire. La gloire augmente et la pression avec. Un démontage hilarant et subtil de ce système qui a besoin de stars au point d'en fabriquer arbitrairement.

Aujourd'hui Frangin est une vedette, demain ce sera peut-être la personne que vous voyez en couverture de ce livre. La célébrité se répand désormais comme par contagion. Entre Woody Allen et Kafka, ce roman est aussi un hommage à La Métamorphose. La notoriété transformerait-elle les humains en cafards grotesques ?

Quatrième de couverture de L'idole. 

Il est des auteurs qui me marquent. 
Serge Joncour est de ceux-là. 

Après avoir été enthousiasmée par VU (1998 - Le dilettante), j'ai craqué lorsque, dans une librairie, j'ai découvert L'idole
Remarquez que j'avais été très déçue par ma lecture d'UV (2003 - Le dilettante). Enfin tout de même, un auteur dont le style s'inscrit en soi, puissamment, en l'espace d'un bouquin, c'est quelque chose. Car d'ordinaire, je dois beaucoup lutter en tête à tête avec ma tête. 

Moi:
Attendez voir, comment s'appelle l'auteur, déjà? Heu... Marcel... non c'est pas ça... Michel... pas ça non plus... Raoul... Philibert, c'est Philibert Duplantier! Pfff, encore raté!
Mais ne bougez surtout pas, ça va me revenir! 

Vous: Quoi? Il est déjà trois heures du matin! Désolés, vraiment, mais là faut qu'on y aille...

L'idole. Du fantastique comme j'aime. 
Bizarre. Caustique. Critique. Simple. 
Ni sorcière, ni vampire, ni rien.

C'était en 2004.

Il faut absolument que je me procure d'autres bouquins de Serge Joncour.

Allez, comme je suis une chic fille, je vous ai recopié trois extraits... (Jamais deux... sans trois)

... La porte c’est depuis toujours l’unique alliée de mon parcours, le grand vecteur de ma singularité, un cap chaque fois franchi comme une mise en lumière, une audace au-delà de laquelle je n’envisageais rien. Déjà on m’estimait pour ça, on me reconnaissait ce don, cette aptitude à m’illustrer en ne faisant rien, à rendre le vide spectaculaire. Je ne faisais rien et on me reconnaissait à ça...

... Je voyais bien que ce gars-là voulait que je lui dise que j’allais mieux, pour lui c’était l’essentiel de me présenter sous l’angle du miraculé, du gars qui s’en sort, parce que dans le fond rien n’est plus singulier, rien ne rend plus attachant que d’aller mieux.
Alors, d’instinct, sans qu’on me le dise, je perçus qu’il était de notre intérêt à tous les deux que j’abonde un peu plus dans le sens de son propos, que je me braque un peu moins sur des motifs de vérité, le tout à la télé n’est pas tant de dire vrai que de le dire sincèrement...
 
... Maintenant je sors parfois le soir, on m’invite dans des endroits pour rencontrer des gens comme moi, des gens qui reflètent l’époque. Entre célèbres on est bien, c’est comme une famille sans aliénation filiale, on s’aime tous, ne serait-ce que pour réalimenter l’estime qu’on se porte l’un l’autre, entre soi on est bien, on est encore mieux qu’avec des gens...


Lu sur le web. Paroles de Serge. Pour info:
Dix manuscrits refusés avant la première publication en 1998. 
Avant ? « J’apprenais », lâche-t-il, taciturne. « J’ai eu le temps d’analyser la profondeur de ma motivation. »

par nathalie publié dans : j'ai lu
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Vendredi 4 janvier 2008

Il y a des moments où je ne fais que découvrir. De nouveaux auteurs. De nouveaux livres. Insatiablement. 

D'autres où je me dirige vers ma bibliothèque.
Irrésistiblement. Comme attirée. J'ai besoin de relire. Juste relire. 

Ce soir, j'ai fait glisser mon index le long des dos, tiré sur quelques têtes. Feuilleté de-ci de-là, avant de reposer. 

C'est le Génitrix de François Mauriac qui m'est resté entre les mains. 

genitrix.jpgUn livre de poche. Un tout petit bouquin. Jauni mais pas corné. La couverture un peu passée. Souillée de cette vieille colle noircie à un endroit. Celle de l'étiquette qui précisait son prix.
Pour illustrer cette note (et m'épargner la photo), je vous l'ai débusqué par le truchement d'une librairie en ligne qui fait dans l'occasion. C'est fou ce qu'au fil des rééditions, un titre peut avoir comme couvertures différentes. 

A l'intérieur, j'ai reconnu l'écriture incertaine, fragile, de mon frère. Il y avait écrit son nom, son prénom. Sa classe de l'époque. 
La 3ème D. 
Au stylo plume. 
Notre mère l'avait placé en pension car il ne faisait rien. 

Ce qui est surprenant, c'est que mon frère fuit autant les mots que moi les chiffres. Quand il devait choisir un livre au sein d'une liste, il prenait le plus court. L'auteur, le titre et le sujet ne lui importaient pas. 

J'ai offert à ce livre une place de choix dans ma bibliothèque. Une place de coeur. 
J'ai pris ce livre parce qu'un jour, alors que je le questionnais autour de la lecture, mon frère m'a avoué: "Je déteste lire. Celui-là, pourtant, je sais pas pourquoi, mais je l'ai aimé... je te le donne." 

... Si nous regardons notre vie, il semble que nous ayons toujours été séparés de ceux que nous aimions le plus: c'est peut-être parce qu'il a toujours suffi qu'un être adoré vive à nos côtés, pour qu'il nous devienne moins cher. Ce sont les présents qui ont tort. 

Extrait de Génitrix, fin de la page 110

par nathalie publié dans : j'ai lu
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Lundi 10 décembre 2007

Dans l’esprit de ma précédente note, quelle première héroïne (ou héros) de roman (pas de BD) vous a fait vous sentir proche d’elle ou de lui. Quel âge aviez-vous, alors?

Hop, je commence…

Avant la Tess d’Urberville de Thomas Hardy, je ne saurais dire.

J’avais 16 ans quand j’ai lu ce livre qui m’a bouleversée. Plus tard, son adaptation au cinéma, par Roman Polanski, devait me transporter autant.

Ce grand classique anglais aborde la vie des "petites gens" de la fin XIXe. La critique sociale filtre au travers de Tess, paysanne simple, entière, touchante, qui a compris, senti, tant de choses, mais qui respecte les règles, alors que les règles ne la respectent pas. 
Même le souple roseau, lequel plie, une fois de plus, une fois de trop… finit par rompre aussi.

Un extrait… (le bébé de Tess, non baptisé, vient de mourir)

L’enfant fut donc porté au cimetière, cette nuit-là, dans une petit boite de bois blanc, sous un châle de vieille femme et enterré à la lueur d’une lanterne, moyennant un shilling et une chope de bière au fossoyeur, dans ce coin méprisable du terrain assigné à Dieu, où Il laisse pousser les orties et où sont déposés les enfants morts sans baptême, les ivrognes incorrigibles, les suicidés et en général, tous ceux que l’on suppose être damnés.

Malgré ces fâcheux alentours, Tess fit bravement une petite croix avec deux planchettes et un bout de ficelle et, l’ayant entourée de fleurs, elle la planta au haut de la tombe, un soir qu’elle put entrer au cimetière sans être vue ; elle mit également à l’autre extrémité une botte des mêmes fleurs dans un petit vase rempli d’eau pour les conserver fraîches.

Qu’importe si le regard du passant remarquait sur le vase les mots : Confitures Keelwell ! La tendresse maternelle, dans sa vision la plus haute, ne les apercevait pas.

La parole est à vous… ;-)


Infos
 :

La souscription pour La terre, seconde anthologie des éditions Griffe d’Encre, démarre. Sortie officielle du livre et envoi (frais de port gratuits) le 22 décembre. Pour cause de hors sujet, ma nouvelle ne figure pas au sommaire, mais elle se nichera quelque part dans mon recueil.

Pour les auteurs friands de mythologie grecque, mais pas seulement, il y a l’appel à textes des éditions Argemmios. Clôture le 31 Janvier 2008.

par nathalie publié dans : j'ai lu
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Apparaître




Sortie de route
(fantastique proche du réel) est paru le 16 mars 2008.
 Couverture signée Fablyrr. Début, critiques... ici. Commandable partout, même depuis la lune. Lien site Fnac.



En quête (recueil de 20 nouvelles plus ou moins étranges, traitant chacune d'une quête) est paru le 22 mai 2008.
Couverture signée 
Michelle Bigot
. Commandable partout, même si on a les cheveux gras. Début de 3 des 20 nouvelles...
ici. Lien site Fnac.

Liste des librairies qui les ont déjà en stock.

MERCI

Un grand, UN TRES GRAND MERCI pour vos retours sur mes textes, qu'ils m'aient été donnés de vive voix, dans les commentaires de ce blog, par mail privé, via votre blog perso ou par le biais d'un forum. 

Coups de coeur web

Les photos de Roland: http://rolandr.zeblog.com/ 
Les toiles de Stephen: http://imaginus.club.fr/index.html
La musique de Kinishao: http://www.kinishao.com/songs 
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