Depuis pas mal de temps – scusy, moi pas savoir compter - je sers de
cible à un asiatique véritable. J’ai vu sa maison se construire. J’étais minaude, à l’époque, mais j'ai suivi la chose avec intérêt. Pensez donc; un asiatique s’installait dans notre village,
comment c’était trop chouette, hé !
Pourtant, je n'ai testé que tardivement sa médecine sur ma personne. Sans doute parce que nous étions peu/mal informés. Des aiguilles? Punaise, ça doit faire vachement mal
!
Quand j'attendais C., il m’a visée touchée jusqu’à la fin de ma grossesse. Vous pouvez me croire sur parole, ça n'est pas simple de s'allonger en faisant le
dos rond (toutes aiguilles posées) quand on a le ventre comme une barrique !
A la fin, je me passais mentalement le court métrage suivant...
Gros plan sur ses mains.
Dans la gauche, il tient la boîte pleine de piquants. Avec deux doigts de la droite, il se saisit d'une aiguille qu'il tend vers mon énorme bedaine. Surtout pas de
grand PAN, je ne suis pas fan de gore. Rien qu'un minuscule pfuit.
Et moi qui me retrouve projetée hors de la pièce, par la fenêtre grande ouverte, dans un pshiiiiiiiiiiiiiiiii dont on se demande même s'il finira avant la
nuit.
J’apprécie son flegme doux. Son côté réfléchi et distant. Sa lenteur décalée. Le côtoyer m’est déjà bénéfique.
Il est là, mais pas tant que ça. Il fait comme moi face aux personnages de mes fictions ou au graphisme des gens, il veut se fondre. Il recherche les niveaux où l’énergie est bloquée. Il pose une
question et prend le temps d’entendre la réponse avant d’en poser une nouvelle.
Après m'avoir hérissonnée, il m’abandonne au calme. Petite musique de fond. Stores baissés. Je ne bouge plus. Ou presque. Je ne
cherche pas à comprendre pourquoi, d’un coup, le bien-être m’envahit. L’impression d’être isolée, protégée. A l’écart.
J’aime à penser que je n’ai plus de corps. Ma conscience se soulève. Jamais très haut non plus. Cette empotée n’arrive pas à quitter la pièce. J’ai un corps, et elle le
sait.
Parfois j’ai le nez qui gratte. Je lève un bras lourd et les aiguilles rivées à mon poignet brinqueballent en rythme.
Cette fois, il m’a presque laissée une heure. J’en avais les extrémités violettes.
Je vais mieux.
Merci à toi, ô Médecine douce de mon coeur. J

Sortie de
route (fantastique proche du réel) est paru le 16 mars 2008. Couverture signée Fablyrr. Début,
critiques... ici. Commandable partout, même depuis la lune. Lien site Fnac.

En quête (recueil de 20 nouvelles plus ou moins étranges, traitant chacune d'une quête) est paru le 22
mai 2008. Couverture signée
Michelle Bigot. Commandable partout, même si on a les cheveux gras. Début de 3 des 20 nouvelles...
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Un grand, UN TRES GRAND MERCI pour vos retours sur mes textes, qu'ils m'aient été donnés de vive voix, dans les commentaires de ce blog, par mail privé, via votre blog perso ou par le biais d'un forum.