Dans l’esprit de ma précédente note, quelle première héroïne (ou héros) de roman (pas de BD) vous a fait vous sentir
proche d’elle ou de lui. Quel âge aviez-vous, alors?
Hop, je commence…
Avant la Tess d’Urberville de Thomas Hardy, je ne saurais dire.
J’avais 16 ans quand j’ai lu ce livre qui m’a bouleversée. Plus tard, son adaptation au cinéma, par
Roman Polanski, devait me transporter autant.
Ce grand classique anglais aborde la vie des "petites gens" de la fin XIXe. La critique sociale filtre au travers de Tess,
paysanne simple, entière, touchante, qui a compris, senti, tant de choses, mais qui respecte les règles, alors que les règles ne la respectent pas.
Même le souple roseau, lequel plie, une fois de plus, une fois de trop… finit par rompre aussi.
Un extrait… (le bébé de Tess, non baptisé, vient de mourir)
L’enfant fut donc porté au cimetière, cette nuit-là, dans une petit boite de
bois blanc, sous un châle de vieille femme et enterré à la lueur d’une lanterne, moyennant un shilling et une chope de bière au fossoyeur, dans ce coin méprisable du terrain assigné à Dieu, où Il
laisse pousser les orties et où sont déposés les enfants morts sans baptême, les ivrognes incorrigibles, les suicidés et en général, tous ceux que l’on suppose être damnés.
Malgré ces fâcheux alentours, Tess fit bravement une petite croix avec deux
planchettes et un bout de ficelle et, l’ayant entourée de fleurs, elle la planta au haut de la tombe, un soir qu’elle put entrer au cimetière sans être vue ; elle mit également à l’autre
extrémité une botte des mêmes fleurs dans un petit vase rempli d’eau pour les conserver fraîches.
Qu’importe si le regard du passant remarquait sur le vase les mots :
Confitures Keelwell ! La tendresse maternelle, dans sa vision la plus haute, ne les apercevait pas.
La parole est à vous… ;-)
Infos :
La souscription pour La
terre, seconde anthologie des éditions Griffe d’Encre, démarre. Sortie officielle du livre et envoi (frais de port gratuits) le 22 décembre. Pour
cause de hors sujet, ma nouvelle ne figure pas au sommaire, mais elle se nichera quelque part dans mon recueil.
Pour les auteurs friands de mythologie grecque, mais pas seulement, il y a l’appel à textes des éditions Argemmios. Clôture
le 31 Janvier 2008.
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