Mercredi 10 mars 2010
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08:42
J'ignore si j'ai raison ou tort.
A la limite, je m'en fiche.
Mais je pars du principe que la façon d'être avec les autres compte énormément. (autant, sinon plus qu'un steack, car la viande et moi : sans plus, quoi ^^)
Longtemps rejetée à l'école parce que différente, je ne suis cependant pas aigrie.
Juste de plus en plus convaincue qu'il faut affirmer ses différences et accepter celles des autres. Parce que la tolérance est une solution.
Ouvrir son esprit, son coeur, donner au lieu d'attendre indéfiniment qu'on nous donne.
Et cesser de se plaindre. De revenir éternellement sur le passé. Ma mère faisait, mon père disait... parce que maintenant est franchement plus important qu'hier.
Pour l'avenir, c'est idem.
Avoir des projets, c'est bien. Rêver, c'est bien aussi.
Mais le présent doit toujours être mis à l'honneur.
Ce n'est pas en hurlant qu'on se fera entendre. On se fera entendre en étant, en donnant, en souriant, en tolérant.
Quand j'étais môme, j'ai fait mon catéchisme comme beaucoup.
Un jour, j'ai eu des doutes sur l'existence de Dieu.
Toutefois, j'ai conservé le meilleur de ce catéchisme.
Les vieilles dames qui nettoyaient la nappe d'un coup d'éponge et sortaient les gâteaux, avant de nous raconter la Bible comme on raconterait de belles histoires.
Notre curé qui essuyait vite fait la sienne avec la main, et hop, vas-y que je te fiche les miettes par terre, elles ne tomberont pas plus bas de toute façon, hahaha.
Les copines et les copains. Aux beaux jours, les journées pique-nique avec les parents. Chacun apportait ce qu'il savait cuisiner de meilleur.
Par nathalie
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Publié dans : parler du passé
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Mardi 9 mars 2010
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23:22
... Je suis ravi que Mona démarre fort.
Sans doute que le sujet abordé apporte subliminalement une réponse aux problèmes actuels, ce vide que la course à l'argent laisse à l'intérieur de chacun...
Mots tirés de :
Le mail d'un ami
(pardon, ta phrase me parlait trop, je n'ai pas pu résister, il fallait que je la partage)
Mardi 9 mars 2010
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09:46
Je ne me crois pas arrivée parce que j'ai réussi à publier Mona 3 étoiles.
J'ai envie de progresser, encore et encore, de publier d'autres manuscrits, je n'ai pas peur des critiques, je me suis blindée, et si je devais me reconnaître une qualité, je citerais : la
ténacité.
Depuis quelque temps, je collectionne les lettres de refus des éditeurs. Je les range dans un grand cahier à pochettes plastifiées.
Ce matin, je décide de le feuilleter.
Voici texto ce que m'avait répondu Le dilettante, l'éditeur d'Anna Gavalda, à propos de Mona :
Une histoire sympathique, desservie par un manque cruel d'écriture... C'est écrit comme on parle et ce n'est pas très plaisant pour le lecteur. On se lasse vite.
Peu importe qui a rédigé cela.
Quand on aime, on ne renonce pas.
Par nathalie
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Publié dans : quand j'écris
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Lundi 8 mars 2010
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23:29

M.A. toute pétillante, avec sa belle voix de Jeanne Moreau, tandis que j'entrais dans son bureau pour ramasser le courrier :
Oh, Nathalie, c'est bien écrit, c'est frais, j'ai adoré !
V., l'un des organisateurs du salon de Nantua, qui m'a téléphoné aux alentours de 19 h 30 :
Je vous appelle parce que je l'ai lu d'une traite dans l'avion, c'est un roman magnifique et je voulais vous le dire !
L., le chéri de mon amie M. qui est justement en train de le lire (M. attendra donc qu'il ait fini pour le lire aussi) :
Ouais, non mais l'histoire c'est bien un truc de gonzesse, hein ! Enfin, c'est vachement bien écrit, pis y a de ces trouvailles !
Par nathalie
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Publié dans : quand j'écris
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Lundi 8 mars 2010
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07:16
... Il y a ceux que le malheur effondre.
Il y a ceux qui en deviennent tout rêveurs.
Il y a ceux qui parlent de tout et de rien au bord de la tombe, et ça continue dans la voiture, de tout et de rien, pas même du mort, de petits propos domestiques,
il y a ceux qui se suicideront après et ça ne se voit pas sur leur visage,
il y a ceux qui pleurent beaucoup et cicatrisent vite, ceux qui se noient dans les larmes qu'ils versent,
il y a ceux qui sont contents, débarrassés de quelqu'un,
il y a ceux qui ne peuvent plus voir le mort, ils essayent mais ils ne peuvent plus, le mort a emporté son image,
il y a ceux qui voient le mort partout, ils voudraient l'effacer, ils vendent ses nippes, brûlent ses photos, déménagent, changent de continent, rebelotent avec un vivant, mais rien à faire, le
mort est toujours là, dans le rétroviseur,
il y a ceux qui pique-niquent au cimetière et ceux qui le contournent parce qu'ils ont une tombe creusée dans la tête,
il y a ceux qui ne mangent plus,
il y a ceux qui boivent,
il y a ceux qui se demandent si leur chagrin est authentique ou fabriqué,
il y a ceux qui se tuent au travail et ceux qui prennent enfin des vacances,
il y a ceux qui trouvent la mort scandaleuse, et ceux qui la trouvent naturelle avec un âge pour, des circonstances qui font que, c'est la guerre, c'est la maladie, c'est la moto, c'est la bagnole,
l'époque, la vie,
il y a ceux qui trouvent que la mort c'est la vie...
Mots tirés de :
Daniel Pennac, La fée carabine
PS : plus qu'une semaine et je verrai enfin Monsieur Pennac pour de vrai. J'ai la chance qu'il fasse un saut dans ma ville. Oh, pas pour moi, hein, mais je suis juste contente, quoi.
Dimanche 7 mars 2010
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11:12

Hier, je me trouvais donc à l'Espace Malraux de Nantua.
Il faisait froid, il s'est mis à neiger, et parce que sans complications, la vie ne serait pas la vie, on en a rajouté en me collant une jolie déviation sur le trajet.
Un petit salon est avant tout un endroit destiné à rapprocher des gens réceptifs qui ont forcément des points communs.
Car après avoir passé quantité d'heures non rémunérées à écrire, imprimé et relié des manuscrits, acheté les enveloppes et réglé les frais d'envoi, accusé les lettres de refus des éditeurs,
ignoré, tant leur dédain que l'incompréhension de la famille (ben t'écris encore, t'en as pas marre ?), persévéré, continué à écrire, à s'améliorer, fouiné sur le web, trouvé un
petit éditeur, relu le roman avec lui, il leur faudra apprendre à hausser les épaules devant le peu d'entrain des derniers lecteurs de l'espèce humaine qui feront la part belle
aux référencés, aux admis, aux enrichis, aux traduits / critiqués / médiatisés, plutôt qu'aux nouveaux auteurs dont personne ne parlera jamais (à moins d'un miracle).
Bon nombre de non-initiés s'imaginent que nous n'avons pas besoin de leur soutien. Que nous mettrons dans notre poche l'intégralité de l'argent qu'on nous aura versé. Trois ou quatre livres
vendus en l'espace d'une journée... dont l'argent reviendra d'abord à l'éditeur, lequel aura d'abord l'imprimeur à payer.
Des auteurs choisis par un petit éditeur indépendant, lequel a déjà moult difficultés à diffuser leurs livres (toujours à cause de ces auteurs très médiatisés), sont essentiellement
motivés par l'envie de soutenir cet éditeur courageux-là, en oubliant la grasse matinée et le cocooning du week-end, malgré le travail qu'ils exercent en semaine. Parce qu'ils ont des factures
à payer comme tout le monde.
Les non-initiés, que croient-ils que nous gagnerons en fin d'année, lorsque nous aurons payé nos frais de déplacement, d'hôtel et de nourriture pour certains, et ces livres que nous nous
achetons entre auteurs ?
Car la solidarité, vous comprenez, entre troubadours nous y sommes très sensibles.
Maudit serpent qui se mord la queue, va.
Néanmoins, j'ai fait de belles rencontres.
Beaucoup d'humanité chez les organisateurs du salon.
J'ai revu une ancienne amie connue en classe de seconde, laquelle adore lire et a embarqué Mona sans hésiter, avec la larme à l'oeil.
Par nathalie
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Publié dans : dédicaces
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Vendredi 5 mars 2010
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07:55

Que je vous explique.
J'ai trois romans en chantier.
Le premier promet d'être drôle et quasiment pour tout public.
J'ai l'histoire en tête. Il ne me reste qu'à la mettre en mots. Bémol : beaucoup de personnages dont j'oublie les noms à tous les coups, pour peu que je laisse dormir le texte trop longtemps. Ce
qui fait qu'à chaque fois, je dois reprendre une feuille, relever les prénoms, reformer les familles et redéfinir les personnalités, les particularités ou les métiers, les
activités de chacun.
Oui, car je suis bordélique. Je perds la paperasse. Elle traîne sur mon bureau avec d'autres griffonnages, et C. écrit, dessine dessus, en fait des affiches à ces mondes
miniatures.
Le second me permettrait de recycler quasiment toutes mes nouvelles non fantastiques et j'hésite à le faire, parce qu'alors, il me faudrait exploser les chutes, annuler ce que j'ai déjà
fait pour que les nouvelles en question servent de base à mes personnages.
Le troisième, enfin.
Une partie de ma vie. Un morceau autobiographique. Il fait intervenir des gens qui, même si je les déguise, se reconnaîtront. Actuellement, c'est celui qui me parle le plus, et c'est très embêtant.
Embêtant car, même si je sors ma trousse à maquillage et mon imaginaire, je ne pourrai pas brouiller les pistes comme je le voudrais. Est-ce la peine de faire souffrir ? Moi qui déteste rien
tant que cela.
Avec l'expérience qui est mienne, je sais que l'édition est bizarre. Que parfois, le roman qui l'intéresse, c'est celui qu'on aurait cru inintéressant à ses yeux. Et puis,
écrire sans le maigre espoir de toucher, à quoi bon ?
Je m'étais promis de ne jamais, jamais écrire de roman autobiographique.
Et d'une, je ne suis pas une auteure connue.
Et de deux, je ne suis, ni actrice, ni politicienne, ni aventurière, ni journaliste, ni atteinte d'une maladie grave, ni rescapée d'un cyclone, ni boulimique, ni anorexique, ni superwoman.
Et de trois, j'ai un imaginaire suffisamment exercé.
Pourtant, c'est bel et bien ce roman autobiographique que j'ai envie de poursuivre.
Ah, on peut dire que les complications, j'aime ça !
Par nathalie
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Publié dans : quand j'écris
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Jeudi 4 mars 2010
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18:34

Paroles Léo Ferré :
Préface sur
l’album « Il n’y a plus rien »
La poésie contemporaine ne chante plus … elle rampe.
Elle a cependant le privilège de la distinction.
Elle ne fréquente pas les mots mal famés… elle les ignore.
On ne prend les mots qu’avec des gants : à « menstruel » on préfère « périodique »,
Et l’on va répétant qu’il est des termes médicaux
qu’il ne faut pas sortir du laboratoire et du codex.
Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n’employer que certains mots déterminés,
à la priver de certains autres, qu’ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques,
me fait penser au prestige du rince-doigts et du baisemain.
Ce n’est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baisemain qui fait la tendresse.
Ce n’est pas le mot qui fait la poésie mais la poésie qui illustre le mot.
Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s’ils ont leur compte de pieds, ne sont pas des poètes, ce sont des dactylographes.
Le poète d’aujourd’hui doit être d’une caste d’un parti ou du « Tout Paris ».
Le poète qui ne se soumet pas est un homme mutilé.
La poésie est une clameur. Elle doit être entendue comme la musique.
Toute poésie destinée à n’être que lue et enfermée dans sa typographie n’est pas finie.
Elle ne prend son sexe qu’avec la corde vocale
tout comme le violon prend le sien avec l’archet qui le touche.
L’embrigadement est un signe des temps. De notre temps.
Les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes.
Les sociétés littéraires c’est encore la Société.
La pensée mise en commun est une pensée commune.
Mozart est mort seul, accompagné à la fosse commune par un chien et des fantômes.
Renoir avait les doigts crochus de rhumatismes.
Ravel avait dans la tête une tumeur qui lui suça d’un coup toute sa musique.
Beethoven était sourd. Il fallut quêter pour enterrer Bela Bartok.
Rutebeuf avait faim. Villon volait pour manger.
Tout le monde s’en fout.
L’Art n’est pas un bureau d’anthropométrie.
La Lumière ne se fait que sur les tombes.
Nous vivons une époque épique et nous n’avons plus rien d’épique.
La musique se vend comme le savon à barbe.
Pour que le désespoir même se vende il ne nous reste qu’à en trouver la formule.
Tout est prêt : les capitaux, la publicité, la clientèle.
Qui donc inventera le désespoir ?
Avec nos avions qui dament le pion au soleil.
Avec nos magnétophones qui se souviennent de ces « voix qui se sont tues »,
avec nos âmes en rade au milieu des rues,
nous sommes au bord du vide, ficelés dans nos paquets de viande
à regarder passer les révolutions.
N’oubliez jamais que ce qu’il y a d’encombrant dans la Morale,
c’est que c’est toujours la Morale des Autres.
Les plus beaux chants sont des chants de revendication.
Le vers doit faire l’amour dans la tête des populations.
A l’école de la poésie, on n’apprend pas. ON SE BAT
!
Par nathalie
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Publié dans : glop
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Mercredi 3 mars 2010
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18:21
merci merci merci, toi..............................................................................................................................................
Par nathalie
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Publié dans : quand j'écris
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Mercredi 3 mars 2010
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12:19

J'ai toujours eu énormément de mal à demander de l'aide.
J'ai toujours essayé de tout faire toute seule.
Je n'en connais pas les raisons.
Le fait est qu'en revanche, je me suis toujours efforcée d'être là quand on avait besoin de moi.
Je crois que l'écriture - en dehors du plaisir qu'elle me procure - m'aide à demander cette aide que je ne sais pas demander de vive voix.
Parce qu'on ne peut pas vivre sans un coup de pouce des autres.
Parce que ce qu'on peut faire tout seul a ses limites.
Et parce que, quand on a écrit un roman sur le relationnel comme Mona 3 étoiles, on ne peut pas continuer à vouloir tout faire toute seule.
Même Renée, la concierge de L'élégance du hérisson, et Paloma, la jeune fille de douze ans, finissent par l'admettre.
Par nathalie
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Publié dans : parler du passé
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