Dimanche 29 août 2010
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Bonjour à tous !
Je fais une brève réapparition pour vous parler du dernier film de Bertrand Blier. Film que je suis allée voir dès sa sortie, au grand dam de mes fils qui, non
contents de m'abandonner, se sont exclamés : mais tu vas pas aller au ciné toute seule !
C'est oublier combien je suis courageuse. Oui, je peux aller au cinéma toute seule.
D'autant que pendant la projection, que fait-on ? On ne discute pas avec ses accompagnateurs : on regarde le film.
En allant voir Blier, on s'attend à retrouver son univers si particulier. Dès
la première phrase, on le sent, on le devine.
Blier est unique. C'est bien pour cela que, quand il sort un film, je ne réfléchis pas, je fonce.
Dujardin incarne un écrivain à succès que sa femme a quitté parce qu'il buvait. Par conséquent, il boit toujours.
Dupontel symbolise son cancer, lequel décide sournoisement de faire connaissance avec sa victime.
J'aime infiniment de choses chez Blier. Surtout son habileté à nous conduire aux frontières du réel. Blier
réveille en moi la même fascination que pour La quatrième dimension.
Le bruit des glaçons est un film extrêmement noir qui m'a renvoyée à l'angoissant Notre histoire (même scène sur le réfrigérateur
omnipotent, rempli de boissons alcoolisées, symbole de vide, de solitude), avec une touche optimiste à la Mon homme.
Pour voir Le bruit des glaçons, il ne faut pas être trop déprimé.
Car si le film se termine merveilleusement bien - un peu trop bien à mon sens, mais au final, je ne m'en plaindrai pas - il touche à la peur que nous avons
tous de choper un jour ce fichu cancer.
Le message de Blier est clair.
Vivons l'instant présent et faisons la part belle à ceux qui nous aiment vraiment. Encore faudrait-il que nous sachions les voir.
Car dans Le bruit des glaçons, seules les personnes qui aiment vraiment le personnage qu'incarne Dujardin sont capables de voir son cancer.
Ceux qui nous aiment vraiment nous aiment tels que nous sommes, quand bien même nous serions malades ou alcooliques, semble murmurer
Blier.
Et si, en nous complaisant dans le malheur - par exemple, en nous acharnant à fréquenter des personnes qui ne nous côtoient que par intérêt,
ou des personnes qui ne cessent de vouloir nous changer - nous ne finissions pas par nous le fabriquer nous-mêmes, ce cancer ? En somme, un suicide déguisé...
Le bruit des glaçons n'est pas parfait, mais comme tous les films de Blier, il en appelle à la vie, à la mort, à l'humain dessillé, à ses
joies, ses peines, ses travers, ses erreurs et ses questionnements.
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