Je vais vous narrer ma mésaventure d'hier. Je n’en suis pas fière, et en même temps, je n’arrive pas à m’en vouloir.
Je suis comme tout le monde. Ni plus, ni moins généreuse. Je donne la pièce au coup de cœur. Toujours de bon cœur.
Par exemple, y’a ces deux p’tits gars devant la poste, qui sourient, qui bavardent. Avec ça, ils sont polis. La pièce, je la leur dépose dans le
creux de la main, rougissante quand ils me remercient. Ils ont les yeux doux, la voix rieuse. Leurs gestes sont emprunts de tendresse.
Lui, il m’a sauté dessus. Devant un grand magasin. Je marchais avec mon fils aîné.
Pas de bonjour, rien qu’un : « T’es riche, toi ! Tu vas m’en acheter un ! »
Il m’a fourré ses objets en plastique sous le nez.
Moi : Non, désolée.
Lui : Bon, alors tu vas m’acheter un sandwich à côté !
Moi : Non, désolée.
Il m’a fusillée du regard.
« Toi t’as pas d’cœur, ça s’voit sur ta tête ! »
J’étais verte, mais je n’ai pas cédé. Mon fils m’a entraînée.
« Viens maman, il est pas bien, lui… »
Pourtant, mon fils aîné, c’est le roi de la pièce à tout le monde pas de jaloux. Le week-end, il me les tire du sac si d’aventure, je n’ai
pas tilté. (je suis distraite)
Une pluie d’insultes s’est abattue sur moi.
C’est son « Toi t’as pas d’cœur, ça s’voit sur ta tête ! » qui m’a fait le plus mal.
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